Elizabeth Shepherd

The Signal

Le nouvel album disponible le 30 septembre

Montréal, septembre 2014 – Un concert de louanges venu de tous les coins de la planète a salué l’originalité des quatre premiers albums d’ Elizabeth Shepherd. Elle appartient, avec des chanteurs comme Esperanza Spalding, Robert Glasper et José James, à une vague de musiciens de jazz, bercés de hip-hop aussi bien que de be-bop, qui font découvrir ce style à une nouvelle génération d’amateurs. The Signal, son cinquième album disponible le 30 septembre prochain, est son œuvre la plus mûre et la plus audacieuse à ce jour, entrainant l’auditeur dans un voyage musical où se dévoile peu à peu une sorte de manifeste féministe très personnel.

Dans le cadre de sa tournée canadienne, Elizabeth Shepherd sera en spectacle à L’Astral de Montréal le 1er novembre prochain.

Comme toujours, Elizabeth Shepherd réussit à produire un groove à la fois fluide et funky, notamment grâce à sa voix sensuelle et voilée, plus envoutante que jamais. Son piano électrique Rhodes, qui passe aisément d’une tonalité chaude et enveloppante à un jeu cool et brillant, est la pierre angulaire du son de l’album. Un son nourrit par l’amour de la chanteuse pour le soul, le funk et le hip-hop vieille école, dont les influences se font sentir dans le rythme de plusieurs pièces. Shepherd, mise en nomination pour trois prix Juno au cours de sa carrière, a su, en tant que réalisatrice, incorporer avec ingéniosité aux différentes chansons des claviers Moog, du n’goni, des tambours métalliques et de la sanza, ainsi que plusieurs échantillons qui incluent entre autres la légende du blues Lead Belly et… mère Teresa !

« Willow », pièce d’ouverture de The Signal, met en place l’atmosphère nocturne du disque. Le ton feutré, rêveur est appuyé par le jeu de guitare et la voix éthérée du grand Lionel Loueke (Herbie Hancock, Angélique Kidjo). La contribution de ce guitariste réputé de l’Afrique de l’Ouest, considéré comme l’un des meilleurs de sa génération, est sans l’ombre d’un doute une des forces de l’album.

Du coté des textes, la chanteuse ne craint pas de se frotter à des sujets difficiles. Monsanto, la maternité, la sorcellerie, la guerre : Elizabeth Shepherd aborde des causes qui lui tiennent à cœur. Dans « BT Cotton », elle dénonce le désastre environnemental que cause en Inde l’industrie du coton ; dans « Lion’s Den », ce sont les mariages forcés et les viols dont sont victimes les femmes africaines qui sont décriés ; et enfin, « Another Day » traite de l’assassinat du jeune Noir américain Trayvon Martin.

« Cet album m’a permis de donner une voix à ma force de femme, explique Elizabeth. Toutes les pièces, sauf une, sont écrites du point de vue d’une femme, ou parlent d’une femme. Je crois en la solidarité féminine et en son pouvoir immense, qui n’a pas encore été pleinement exploité. Ayant moi-même donné naissance à une fille, j’ai compris que je devais être à la hauteur de mes valeurs féministes, que je devais lui transmettre ma conviction que nous pouvons accomplir des choses, nous les femmes, en étant solidaires les unes avec les autres. The Signal s’inscrit dans la continuité de cette prise de conscience. La maternité a été pour moi une véritable transformation intérieure. Ça a tout changé : le regard que je porte sur la vie, sur le monde et sur le rôle que je dois jouer dans la société. Désormais, je ne peux écrire qu’avec une sincérité absolue, avec une conviction absolue. Chacun de nous a sa propre voix, et je crois avoir enfin trouvé la mienne. Si je devais mourir demain, je serais fière de laisser cet album en héritage »

Elizabeth Shepherd a fait ses débuts sur la scène internationale en 2006. Les auditeurs de la prestigieuse émission Gilles Peterson, sur les ondes de la BBC, qui devaient choisir les meilleures productions l’année, ont alors voté notamment pour son premier album, Start to Move. Depuis, l’auteure-compositrice, maintenant établie à Montréal, continue de créer une musique à la fois sensible, émouvante et… hip.