Vishtèn

Terre Rouge

Le nouvel album disponible le 11 septembre

Informations : Simon Fauteux / Audrée Loiselle

Montréal, août 2015 – Nouvelles sonorités, créations musicales et inspiration de musiques trad de l’Acadie. Voilà ce qu’offre le trio Vishtèn avec son nouvel album Terre rouge, qui sera disponible le 11 septembre prochain. Réalisé de main de maitre par Éloi Painchaud, Terre rouge est de loin l’œuvre la plus accomplie du trio des Maritimes composé des soeurs multi-instrumentistes Pastelle et Emmanuelle LeBlanc et du violoniste virtuose Pascal Miousse.

Au cours des dernières années Vishtèn a passé beaucoup de temps sur la route. « On voulait redevenir des musiciens, ne penser qu’à la musique et rien d’autre », raconte Pastelle LeBlanc. En retournant à l’Île-du-Prince-Édouard, le trio s’est entouré de recherchistes, de musiciens et de danseurs francophones de la région avec lesquels ils souhaitaient collaborer depuis des années. Ce fut le déclenchement de leur créativité. L’Île-du-Prince-Édouard est le berceau du groupe et demeure une constante source d’inspiration inattendue. L’île est en quelque sorte un terroir musical, une mélodie façonnée par la terre et le vent, par les excentriques inconnus et les légendes secrètes de la région. Sa terre rouge, qui donne son titre au nouvel album, a fait naître une musicalité nourrie par ses racines celtes, françaises et micmaques.

Après de nombreuses années passées à travailler dans tous les domaines du métier, ils souhaitent renouer avec cet héritage et repartir à neuf. Emmanuelle a décidé d’étudier la danse percussive. Pour ce faire, elle a collaboré avec des danseurs locaux et invité son amie Sandy Silva, danseuse de La Bottine Souriante, à l’Île-du-Prince-Édouard. Ensemble, elles ont amené de nouveaux rythmes, plus près du rock, aux envolées de pas acadiens. Cette approche est particulièrement apparente sur Trois Blizzards, un hommage tumultueux à la puissance du dernier hiver. Pascal a travaillé avec des maîtres-violonistes de l’Île-du-Prince-Édouard, dans le but d’en apprendre davantage sur cette tradition et ce qui le reliait au violon des Îles de la Madeleine avec lequel il a grandi. De son côté, Pastelle a plongé dans le monde de la musique buccale, une tradition vocale fugace née lors de danses populaires où aucun instrument n’était disponible. Elle s’est tournée vers un dévot local de cet art, Georges Arsenault, historien et folkloriste s’étant dédié à enregistrer cette tradition en voie de disparition.

Les membres de Vishtèn ont toujours su amalgamer leurs morceaux préférés des chansons, trouver un vers par ici, une mélodie par là, et s’en servir pour créer quelque chose de neuf tout en restant fidèle à l’esprit de leurs sources d’inspiration. Je vous aime tant a été écrite de cette façon, avec une mélodie trouvée dans le nord de l’état de New York, ainsi que les vers et les refrains de deux vieilles ballades. Cœur en Mer, l’histoire merveilleuse de la femme d’un capitaine qui se déguise pour se joindre à l’équipage de son bien-aimé, s’est fait rajouter un tout nouveau refrain. L’hommage aux traditions cajuns de l’album, Joe Féraille, fait l’union d’une chanson hilarante provenant de la collection de Lomax avec Lake Arthur Stomp, une pièce que le groupe a apprise lors d’une session de jam avec un band irlandais qu’ils ont rencontré lors d’une virée en Autriche.

Toutefois, pour cet album, ils voulaient avant tout illustrer l’intensité et la joie qui caractérisent leurs vies. En travaillant sur de nouveaux morceaux, c’est le rythme qui s’est emparé des devants de la scène. Leurs rôles se sont approfondis au fur et à mesure qu’ils amenaient de plus en plus de matériel au studio. De pair avec Painchaud, ils ont désassemblé la tradition et l’ont reconstruite avec le feu sacré et un génie incomparable. « Il nous a emmenés en dehors de notre zone de confort et nous a poussés encore plus loin dans la création rythmique », raconte Pastelle. « L’album se dirige vers des territoires inconnus très intéressants au niveau du rythme. »

Parfois, c’est un rythme vigoureux qui mène la chanson, alors que d’autres fois, le tempo semble se déhancher et se balancer (Valse à Alonzo). L’ingéniosité rythmique a toujours été au cœur de la musique des violons acadiens, souvent reconnue comme étant déformée, syncopée de manière inusitée, avec ses propres petits accents particuliers. « Ce style particulier est très différent de ce qu’on écoutait en grandissant, il a un son qui lui est propre », note Pastelle. « Auparavant, les pas de danse n’étaient pas aussi uniformisés. Les gens se levaient lors des soirées et se mettaient simplement à danser en suivant le rythme comme il leur venait. Chaque violoniste avait son propre style “déformé”. » Sur « Sarazine », le trio réunit leur plus grand éventail de sons « déformés ».

Source : Vishtèn Musique