Vincent Delerm

Les amants parallèles

Le nouvel album disponible le 26 novembre

Montréal, novembre 2013 –  Les amants parallèles. Un album concept. Une histoire d’amour. Comme un film. Comme une bande originale. Un album dont l’intégralité des sons (basses, percussions, cordes) a été créé à partir de pianos.
Un album à part.

Cinq ans après Quinze Chansons, Vincent Delerm lance le 26 novembre prochain le cinquième chapitre d’une discographie entamée en 2002. Les Amants Parallèles est le fruit d’une expérience sonore inédite pour le musicien : il a été enregistré au printemps dernier dans un studio parisien sur deux pianos uniquement dont un piano « préparé », sans autres claviers, batteries ni basses. Chouette histoire pour un album qui en raconte justement une : Les Amants Parallèles relate la rencontre entre un garçon et une fille, suivie des différentes étapes de leur vie amoureuse. Ce sujet – la réunion de deux personnes et les débuts de leur histoire – a toujours été cher à Delerm : il irriguait ses chansons Je Pense à toi et L’Heure du Thé ou encore Le Fait d’Habiter Bagnolet, sa pièce de théâtre jouée au Théâtre du Rond-Point au cœur des années 2000. Aujourd’hui, il devient le thème central de l’album : à partir de cette rencontre, Delerm se plonge, via différents épisodes, dans l’analyse d’un couple, un duo dont les membres s’observent et se découvrent au fur et à mesure de la relation, dévoilant peu à peu ce qui les a différenciés jusque-là ou ce qui continue de les singulariser. Même réunis, ces fameux Amants Parallèles resteront ainsi deux personnes bien distinctes, avec leur histoire et leur personnalité propres. « Pas les mêmes, pas mélangés, pas loin et à côté quand même », résume Delerm.

Ironie de l’histoire, ce nouveau disque, Vincent Delerm l’a d’abord envisagé… sans piano. « Deux fois dans ma vie, je me suis dit qu’il fallait que j’arrête cet instrument. Et puis à chaque fois, j’ai rencontré des garçons qui m’y ont fait revenir. » La première fois, le garçon se nomme Peter Von Poehl et n’est pas arachnophobe : en 2006, il invite Delerm dans son studio suédois pour y réaliser son troisième album Les Piqûres d’Araignées. Sept ans plus tard, la deuxième rencontre se fait via l’ingénieur du son Maxime Le Guil : celui-ci lui évoque l’idée d’un album composé uniquement à partir de pianos préparés, idée qu’il partage avec le musicien et arrangeur Clément Ducol, à qui l’on doit la réalisation de l’album Ilo Veyou de Camille. Delerm, qui a déjà enregistré quelques nouvelles maquettes, en confie une au duo et les co-réalisateurs agencent une première démo en créant tous les sons –cordes, basses, percussions – sur un piano préparé. Ce sera Le Film II, qui, dans cette première version instrumentale, clôt aujourd’hui Les Amants Parallèles. « J’ai foncé sur la foi de ce morceau. J’aimais que ça sonne piano et que ça sonne étrange à la fois. Ensuite, je n’ai jamais été autant extérieur à un projet : j’enregistrais et je les laissais produire, souvent la nuit. Parfois pour faire une ligne de basse, ils enregistraient note par note dans les cordes du piano, cela pouvait prendre trois heures. »

Un disque qui a su rester simple dans les formats et les chansons, et où l’on retrouve ce qui compose l’univers delermien depuis une décennie : un registre littéraire familier (la nuit, l’été, le soir, les feux d’artifices, Milan), des pianos joueurs (Grand Plongeoir, Embrasse-moi), des chansons à la mélancolie désarmante (Ces Deux-Là, Haçienda)… Plus diluée, l’écriture de Delerm rappelle aujourd’hui parfois le verbe de son cousin de label Mathieu Boogaerts : elle évoque autant qu’elle décrit, raconte mais laisse aussi planer le doute. Avec ses ellipses et ses parts d’ombre, Les Amants Parallèles s’inscrit ainsi dans la lignée de l’inoubliable chanson L’Echelle de Richter, que Delerm avait écrite il y a quelques années pour la chanteuse Lhasa. « J’ai essayé d’avoir un regard à peu près juste sur l’histoire d’un couple, sans être jamais complètement négatif ou positif, sans tout expliquer. » Mission accomplie avec élégance sur l’intriguant Ils Avaient fait les valises dans la nuit qui s’invite, dès la première écoute, sur le podium des chefs-d’œuvre de l’auteur.