Toto Bona Lokua

Bondeko

Le nouvel album disponible le 19 janvier


Informations : Simon Fauteux

Montréal, janvier 2018 – L’espace d’un premier disque « en-chanté », le Martiniquais Gérald Toto, le Camerounais Richard Bona et le Congolais Lokua Kanza laissaient se profiler dans l’harmonie miraculeuse de leurs voix intimement enlacées la possibilité d’un monde authentiquement partagé. Un monde ayant l’Afrique en héritage mais faisant fi des frontières, des traditions, des langues et des cultures ancestrales. C’était en 2004, et l’album Totobonalokua était l’un des trois albums marquant la naissance du label Nø Førmat !

13 ans plus tard les temps ont changé. Le royaume utopique qui semblait alors à portée de main s’est insidieusement éloigné. Voilà sans doute pourquoi ces trois grands musiciens, engagés chacun dans des trajectoires artistiques singulières et qui finalement n’ont trouvé que très rarement à se croiser ces dernières années, ont décidé de se retrouver en studio afin de donner une suite à ce premier opus qui avait à l’époque tant marqué les esprits. Reprenant le dialogue là où ils l’avaient laissé, Gérald, Richard et Lokua, non seulement évitent constamment le piège de la redite mais signent avec Bondeko (qui signifie « amitié », « fraternité » en Lingala) une œuvre précieuse et nécessaire distillant, comme en contrebande, une merveilleuse contre-proposition en acte aux crispations identitaires d’une société morcelée… Une société où chacun se trouve désormais sommé de tracer droit son chemin au sein de sa communauté en oubliant l’horizon infini de ses « devenirs » minoritaires.

Trois voix donc ; trois personnalités bien « trempées » ; trois univers distincts aux contours précisément dessinés mettant en commun toute une palette de couleurs, d’humeurs et d’émotions aux nuances infinies… Tout reprend de fait comme par miracle au point où les choses s’étaient arrêtées en 2004… Dès le morceau d’ouverture, le ton est donné. Ma Mama, mélodie mutine et frémissante, portée par la douceur acidulée et mélancolique du Créole, pulsée d’harmonies vocales entêtantes et animée d’une « tournerie » légère, lancinante et doucement chaloupée… Puis la parole « passe », chacun y va de son couplet dans sa langue d’origine, les racines se croisent, les tessitures s’emmêlent et se confondent, les rythmes se chevauchent, d’autres horizons s’ouvrent. Qui chante ? Qui compose ? Qui mène la danse ? La finesse mélodique de Gérald Toto abreuve le style naturellement teinté de rumba de Lokua Kanza, tandis que la virtuosité instrumentale de Richard Bona, et la richesse de ses conceptions harmoniques, orientent l’ensemble vers toujours plus de fluidité et de fraîcheur.

Retrouvant comme par magie la grâce du premier disque, qu’on pensait impossible à rééditer tant cette rencontre originelle avait su faire surgir de l’instant une musique de matin du monde, le trio pousse peut-être plus loin encore la dialectique de « l’un et du multiple ». Il invente une musique sur le fil, comme en dérive permanente, s’émancipant définitivement de toute notion de genre, d’esthétique ou de format préétablis.

Avec, toujours, comme territoire commun, ces fondamentaux au coeur de la musique que sont la mélodie, le rythme, la voix…

Source : no Format