Piers Faccini et Vincent Segal

Songs of Time Lost

Disponible au Canada le 16 septembre

Montréal, septembre 2014 – Piers Faccini et Vincent Segal – Il en va des belles musiques comme des grandes amitiés : elles s’inscrivent dans la durée avec une fraîcheur que rien ne peut altérer, coulent de source sans jamais cesser de se régénérer en profondeur. Reprendre le fil d’une conversation avec un ami de longue date, c’est comme réécouter ou réinterpréter une mélodie aimée depuis toujours ; on a beau connaître l’un et l’autre par cœur, voir clair dans leur jeu : avec eux, rien ne se fige en routine, tout semble toujours neuf, recomposé. C’est à la jonction de cette expérience humaine et musicale que se joue l’album Songs of Time Lost de Piers Faccini et Vincent Segal, enregistré pendant l’été 2013 et disponible au Canada le 16 septembre prochain. À noter que Piers Faccini sera de passage, en solo, à La Maison des Arts de Laval le 3 octobre et le lendemain au Théâtre du Marais de Val Morin.

Reposant sur le seul alliage de la voix, de la guitare et du violoncelle, l’album tire sa substance de leur histoire commune comme de leurs destins individuels. En reliant d’un même trait compositions originales et reprises, il rassemble aussi ce qui, au fil du temps, a nourri leur inspiration de musiciens comme leur curiosité de mélomanes. Ce faisant, il condense et prolonge un art du dialogue et de l’écoute qui, entre eux deux, court depuis le soir de leur toute première rencontre, c’était à Paris, à la fin des années 80. « Nous nous sommes croisés au détour d’une fête un peu ennuyeuse, se rappelle Vincent Segal. En voyant Piers, j’ai tout de suite pensé que ce mec-là avait l’air différent des autres. Nous avons vite parlé musique, en nous disant que nous pourrions en faire ensemble. Quelques minutes après, nous quittions la soirée pour aller jouer chez moi, à deux pas de là. »

L’anecdote en dit long sur une complicité qui, frappée d’emblée du sceau de l’évidence, ira jusqu’à les révéler à eux-mêmes. Piers Faccini, alors étudiant aux Beaux-Arts et peintre, se forgera peu à peu une vocation de songwriter : elle le conduira jusqu’à la sortie en 2004 de son premier album, Leave No Trace, réalisé par… Vincent Segal. Quant à ce dernier, tout juste issu du conservatoire, il apprendra au contact de son nouvel ami le plaisir d’accompagner une voix d’exception. Par la suite, les deux hommes poursuivront leurs chemins respectif, Piers avec sa carrière solo, Vincent avec Bumcello et mille autres rencontres tous azimuts.

Pourquoi avoir attendu vingt-cinq ans avant de fixer un témoignage sonore de ce compagnonnage ? La réponse se lit dans le titre et au cœur même des chansons de Songs of Time Lost. Car Piers Faccini et Vincent Segal sont intimement convaincus qu’en musique, la justesse et la beauté ne se gagnent pas sans un long et poétique travail de patience. Tout ce temps « perdu » ne l’aura certainement pas été pour la cause d’un projet qui laisse affleurer à sa surface la riche patine de la maturité et de l’expérience. Il est comme le substrat de cette pleine épure, de cette ligne claire du chant et du jeu sur laquelle les deux hommes aiment tant se rejoindre. Notamment lorsqu’il s’agit de relire des chansons qui ont illuminé leur parcours et renforcé leur connivence.

Cet exigeant sens de la mesure se reflète dans le choix de relectures opéré par le duo. Il y a l’empreinte fine et craquelée d’un blues si décanté qu’il tend à l’universel (Make Me Down A Pallet On Me – Mississipi John Hurt), et auquel semblent répondre une mélopée créole du Réunionnais Alain Péters (Mangé pou le cœur), le lyrisme fragile d’une valse country de l’outlaw américain Townes Van Zandt (Quicksilver Daydreams of Maria), et jusqu’à ce thème instrumental du compositeur berlinois Friedrich Holländer (Wenn Ich mir was Wünschen dürfte), ramené à quatre mains à la déchirante pureté de son chant. Il y a aussi, pareillement rendus à leur essence, les reliefs mélodiques majestueux du répertoire napolitain traditionnel (Jesce Sole, Villanella, Dicitencela Vuje et Ciccerenella) ou contemporain (Cammina Cammina, de Pino Daniele), devenus au fil du temps si chers au cœur de l’apatride Piers Faccini. Elevées ici au rang de standards, ces perles rares amènent les deux musiciens sur les rivages de l’expression la plus nue et la plus éloquente.

Les deux amis s’offrent aussi une plongée dans les profondeurs de leur propre répertoire et donnent une seconde vie à deux titres écrits en 1996 par Piers Faccini, la chanson A Half of Me, et la pièce The Closing of Our Eyes, pour laquelle son auteur, à dix-sept ans de distance, a su poser les mots que sa douce mélodie appelait. Composées récemment par Vincent Segal, Cradle to the Grave et Everyday Away from You se glissent quant à elles dans la catégorie des classiques instantanés.

« Vincent et moi tenions à mettre certaines de nos chansons dans le disque, résume Piers Faccini. Car, tout autant que les reprises, elles font partie de cette boucle qui nous unit à la musique. »