Niyaz

The Fourth Light

Le nouvel album disponible le 24 mars

Informations : Simon Fauteux / Larissa Souline

Montréal, mars 2015 – Avec The Fourth Light, son nouvel album disponible le 24 mars prochain, le groupe électro-acoustique Niyaz sort des sentiers battus et brise certaines conventions de la « musique du monde ». Composé de l’hypnotisante chanteuse Azam Ali, du multi-instrumentiste d’exception Loga Ramin Torkian, Niyaz a su créer ce qui est sans aucun doute son œuvre la plus mature à ce jour.

Mixé par Damian Taylor (Björk, The Killers, Arcade Fire), The Fourth Light offre un intriguant mélange de rythmes exotiques et des performances acoustiques exceptionnelles, sans oublier la mélancolie envoutante de la voix d’Azam Ali. Fondé en Californie et maintenant basé à Montréal, Niyaz est empreint d’un héritage musical et personnel marqué par le mysticisme et l’exotisme du Moyen-Orient.

Sur The Fourth Light, la chanteuse, compositrice et coproductrice Azam Ali assume pour la première fois le rôle de musicienne, programmant elle-même tous les beats de l’album. Pour cette femme qui, jusqu’à présent, était surtout connue pour sa voix ensorcelante – laquelle peut d’ailleurs être entendue dans certaines des plus grandes productions hollywoodiennes – cela représente un accomplissement majeur. « Les gens me connaissent comme chanteuse et non comme musicienne d’électronique, j’avais peur qu’on ne me prenne pas au sérieux. Quand j’ai pu me libérer de cette contrainte mentale que je m’imposais à moi-même, j’ai découvert tout un univers à l’intérieur de moi, un monde qui m’a mené vers ma plus grande réussite personnelle sur cet album, c’est-à-dire de transcender ce rôle me définissant comme “seulement une chanteuse” ». Sous plusieurs angles, The Fourth Light est un album féministe. Au cœur de l’album, on retrouve Rabia Al Basri, poétesse et première ascète soufie. Née au VIIIe siècle où se trouve aujourd’hui l’Iraq, elle est l’inspiration principale de la musique de cet album. Rabia est née dans la pauvreté extrême à une époque où les droits des femmes étaient gravement restreints. Réduite en esclavage à un jeune âge, Rabia a su déjouer le destin et trouver la force intérieure et la volonté qui l’ont menée à sa libération, d’abord en tant que femme, puis en tant que symbole spirituel.

Comme l’explique Azam Ali, « même si elle a vécu au VIIIe siècle, les combats de Rabia sont toujours d’actualité, puisque les femmes continuent de se battre pour s’élever au-dessus du statut d’infériorité qui leur est imposé par les sociétés patriarcales et ce, à travers le monde ». C’est à Rabia Basri qu’on attribue la création du concept de « l’amour du divin », qui est aujourd’hui au cœur du soufisme. Bien que seulement quelques fragments de ses poèmes aient traversé les époques, les mots ayant survécu sont porteurs d’un message puissant. Ses écrits sont les fondations sur lesquelles Azam Ali et Loga R. Torkian, coauteur et multi-instrumentaliste, ont construit trois des plus puissantes chansons de l’album : « Tam e Eshq (The Taste of Love) », « Man Haramam (I am a Sin) », et « Marg e Man (My Elegy) ». La chanson « Aurat (Woman) » pousse encore plus loin ce cri pour l’égalité des sexes. Les paroles sont basées sur un poème visionnaire de Kaifi Azmi, un des plus grands et plus progressifs poètes urdu du XXe siècle. Le texte original d’Azmi a été écrit pour sa femme dans les années 40 et appelait les femmes à se tenir côte à côte avec les hommes et ce, à une époque où les femmes vivaient dans une société menée par la tradition, dans une Inde visant l’indépendance.

Il y a toujours eu une profonde conscience sociale jointe à la musique de Niyaz. Même si plusieurs pièces sont des compositions originales s’inspirant des grands poètes spirituels de l’Orient, une grande partie du répertoire puise dans les chansons folkloriques des minorités ethniques ou religieuses du Moyen-Orient ayant grandement souffert d’oppression. Cinq de ces chansons se retrouvent sur le nouvel album, notamment : « Shir Ali Mardan (Song of a Warrior) », de la région des Bakhtiaris en Iran ; « Yek Naza (A Single Glance) », du Khorasan, en Iran ; « Eyvallah Shahim “new rendition” (Truth) », inspirée des traditions alevi-bektashi, de Turquie ; et deux d’origines afghanes « Sabza Ba Naz (The Triumph of Love) » et « Khuda Bowad Yaret (Divine Companion) ».

Formant déjà un pont entre l’Occident et l’Orient, entre l’acoustique et l’électronique, Niyaz aspire maintenant à reconstruire un pont entre le passé et le présent. « C’est tout un défi d’essayer d’unir les gens », avoue Azam, « mais si l’on peut y arriver, ne serait-ce que pour le court moment où ils écoutent notre musique, alors personne ne pourra dire que l’on n’a pas atteint notre but ».

Source : Terestrial Lane