Miossec

Ici bas, ici même

Le nouvel album disponible le 29 avril

Montréal, avril 2014 — Inutile de lire dans les étoiles ou dans le marc de café pour savoir que Miossec signe avec Ici bas, ici même, son meilleur disque à ce jour. Un disque de 11 chansons, disponible le 29 avril qui, on prend les paris, se retrouvera fin 2014, au pied du sapin, en bonne place dans les traditionnels top de fin d’année.

Ici bas, ici même, écrit et composé comme un couillon avec ma guitare et trois fois rien au clavier, est un disque fait à la maison dans le Finistère nord. Sans maquette. Et en trio. Avec Albin de la Simone et Jean-Baptiste Brunhes. D’où ce sentiment de luminosité, de calme, voire de tranquillité, qui émane de Ici bas, ici même. Et qui contraste avec l’urgent et pourtant bien burné Chansons ordinaires. À trois, chacun a sa fonction, explique Christophe. Tu n’as pas la lourdeur d’un groupe. Tout est rapide. L’équipée est légère.

Les notes de marimba, les accords de guitare et de piano et la voix qu’on n’a jamais entendue aussi claire, douce et posée sont enregistrés en trois sessions de trois jours et trois nuits, face à la mer, à quelques kilomètres de Brest. Dès le premier jour, on faisait le disque, s’emballe Miossec. Tu gardes les premières impulsions, les premières intentions, les premiers jets.

Neuf jours dans un studio parisien sont ensuite nécessaires pour les prises de batterie, contrebasse, cordes et chœurs. Au final, Ici-bas, Ici même s’avère tout simplement un formidable disque de (grandes) chansons. Ah ouais, concède « Mio », c’est de la chanson super affirmée, avant de ponctuer sa phrase d’un gigantesque éclat de rire.

« On vient à peine de commencer », première des onze chansons de Ici-bas, Ici même, s’attache à l’essentiel. À la vie. À la mort. Au temps qui passe et au droit à la seconde chance. « Le cœur » s’appuie sur une mélodie souple et aérée. C’est d’ailleurs ce qui frappe sur ce nouveau Miossec. Les chansons respirent. À pleins poumons. Tant et si bien qu’en fermant les yeux, on se retrouve parmi les musiciens et leurs instruments. Presque dans un esprit jazz symbolisé par la chanson « À l’attaque! ».

On pourrait ajouter que Christophe n’a jamais été aussi loin dans l’épure que sur Ici-bas, Ici même. Que ce soit à travers « Qui nous aime » ou « Ce qui nous atteint ». À propos de cette dernière, l’auteur l’a décrite comme une chanson politique super planquée.  On s’en voudrait de ne pas mentionner « Samedi soir au Vauban », qui fera désormais office d’hymne de fermeture du « CBGB brestois » lors du bal du samedi soir. Ou « Nos morts », soit comment les vivants s’emparent de la mémoire des disparus.  Ah oui, « Répondez par oui ou par non » a été coécrit par Sophie Calle et l’écrivain Grégoire Bouillier.

Sur les onze compositions, l’honnêteté transpire à chaque mot.  À chaque phrase. À chaque souffle. Que ce soit sur « Bête, comme j’étais avant » (co-composée avec l’ami Stephan Eicher) ou sur « Le plaisir, les poisons », où l’on retrouve avec plaisir le citoyen derrière le chanteur pour faire écho à cette chienne d’époque de désillusion totale.

Ici-bas, Ici même n’aurait pas pu s’achever par autre chose que le lucide et faussement détaché « Des touristes » et ses chœurs célestes et aériens. Qui nous donne juste envie de réécouter ce qui n’est pas loin d’être un chef-d’œuvre. Encore et encore. Quasi jusqu’à plus soif ! – Philippe MANCHE, Bruxelles