Marc-André Hamelin

Schumann Kinderszenen - Janáček - On The Overgrown Path I

Disponible le 13 mai

Montréal, mai 2014  –  Marc-André Hamelin combine, sur ce nouveau disque disponible le 13 mai, deux compositeurs de prime abord éloignés l’un de l’autre musicalement, mais qui, ici, se marient à merveille.

Le fameux cycle des Kinderszenen de Schumann (« Scènes d’enfance ») est un chef-d’œuvre. Chaque pièce qui le compose est finement et adroitement ciselée, une constante lorsque Schumann veut être sophistiqué. De la beauté envoûtante de l’introductif « Von fremden Ländern und Menschen » à la rhétorique calme de « Der Dichter spricht » en passant par le verbe dépouillé du « Träumerei » central, l’auditeur traverse une palette de nuances et d’émotions extrêmement poignantes.

Waldszenen (« Scènes de forêt ») est un autre cycle de miniatures, et le dernier d’envergure pour piano seul de Schumann. Cette œuvre profondément « romantique », dans le sens le plus psychologique du terme, n’est pas à proprement parler une incursion dans la forêt, mais plutôt une réaction toute personnelle à un paysage imaginé ; ce qui nous frappe, c’est cette impression que chaque pièce ne fait qu’effleurer une expérience plus profonde. En général, Schumann explore plus le côté bucolique, bien que certaines pages ne soient pas épargnées d’ombres sombres. Si elles sont techniquement abordables, leur variabilité demande une rapidité de réaction et une richesse de couleurs sonores.

Plus d’un demi-siècle sépare les Waldszenen de Schumann du premier livre de Sur un sentier recouvert de Janáček. Le sujet y est plus sombre, plus indirect et l’écriture pianistique dangereusement trompeuse car la plupart des difficultés sont loin d’être apparentes. Le titre du cycle provient d’une chanson de mariage morave où la mariée se lamente: « Le chemin qui mène vers ma mère s’est recouvert de trèfle ». La suite de dix pièces que comprend le Livre 1 constitue, selon le spécialiste John Tyrrell, l’une des « musiques les plus profondes et les plus troublantes de Janáček, son impact étant totalement disproportionné par rapport à la modestie de ses moyens et de son ambition ».