La Maison Tellier

Beauté pour tous

En spectacle aux Francofolies les 16 et 17 juin

Montréal, juin 2014 —  La Maison Tellier est un groupe français formé en 2004 par les frères Raoul et Helmut Tellier – auquels se sont ajoutés les trois autres frères, Léopold, Alphonse et Alexandre – musiciens férus de country, de folk et de blues qu’ils souhaitent adapter à la langue de Maupassant, auteur d’un recueil de nouvelles du même nom en 1881. Amateurs de grands espaces, de mariachis et de chansons de cowboys, soyez les bienvenus, n’hésitez pas à pousser les portes de la Maison, d’autant plus que le groupe sera de passage à Montréal pour la toute première fois dans le cadre des Francofolies les 16 et 17 juin.

Après s’être fait remarquer avec sa désormais fameuse version de Killing in The Name, La Maison Tellier sort son premier album éponyme en 2006, un deuxième, Second souffle, l’année suivante et son troisième L’Art de la fugue en 2010.  En octobre 2013 sort en France Beauté Pour Tous, disponible également au Québec sur iTunes, album où le français y est désormais exclusif, un français qui va comme un poing (américain) à ces mélodies de veillées rurales, à ces rengaines de fièvre, perturbées par les fulgurances obliques d’Helmut Tellier, chanteur-prêcheur noyé dans l’abondance de cuivres et de cordes qui dessinent un étrange mais très personnel patois, qui doit autant à Ennio Morricone qu’à Murat et Calexico.

Pour la première fois, Helmut et Raoul Tellier écrivent toutes les chansons de l’album ensemble. Le choix de la langue aussi est capital. « Ne chanter qu’en français était prémédité, précise Raoul ; cela apporte une certaine cohérence esthétique dans la mesure où la langue influence réellement notre façon de composer ».

Derrière son titre en forme de slogan surréaliste, Beauté Pour Tous est un récit de voyage. Un voyage dans le temps. Un voyage extraordinaire inspiré de steampunk, des films de Georges Meliès, des illustrations d’Alphonse de Neville et d’Edouard Riou (L’Exposition Universelle) ou par Octave Mirbeau (Prison D’Eden).

On ne s’étonnera pas donc d’y retrouver en filigrane, les ambiances americana douces, chères à 16 Horsepower (Sur Un Volcan) ou des ballades vénéneuses comme chez Nick Cave (Mauvais Coton). Et malgré sa grâce et son goût pour le verbe délicat, Beauté Pour Tous est un disque résolument rock. Raoul Tellier, le guitariste, a lui aussi radicalisé son discours et électrisé toute une partie de l’album. Ainsi, alors que Les Beaux Quartiers évoque les obsessions orientales de Led Zeppelin, La Maison de Nos Père se mute lentement en une élégie cosmique étrange, mélange savoureux de Pink Floyd et de BO de western spaghetti. Un chaos anglais organisé comme un jardin à la française. Un mélange de saveurs vintage et de textures modernes, de pop et de rock, de Vieux Continent et de Nouveau Monde.