High Tone

Ekphrön

Le nouvel album disponible 10 juin

Montréal, juin 2014 — Amoureux des musiques indie des années 1960 à aujourd’hui, High Tone, pionnier de la scène novo dub française sera de passage au Métropolis le 28 juin prochain dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal afin de présenter Ekphrön, son nouvel album, disponible le 10 juin prochain.

Parce que dépasser le cadre du style pour ne parler que de musique a toujours été leur seul credo, High Tone a souvent alterné la typologie de ses disques entre expérimentation et maturation. Les premiers disques étaient spontanés, sans recherche de maîtrise particulière, magmatiques, quand Wave Digger ou Out Back étaient des albums de changements.

Le thème premier d’Ekphrön est le voyage. Au départ pensé comme celui, géographique, dont est empreint leur musique, le voyage est passé du macrocosme au microcosme, pour se focaliser sur l’expérience intérieure dont l’album porte le nom. Que se passe-t-il lorsqu’on ferme les yeux ? Le titre renvoie à la transe que peut procurer la musique, ce moment de perte des sens communs, le point de rupture, le décrochage de la réalité, l’oubli de soi. Bien sûr le voyage « physique » est toujours présent en filigrane.

Musiques anciennes, archaïques, traditionnelles, spirituelles, fusionnées avec l’urbain, le béton, l’électronique comme une tentative d’harmonisation du monde. Les invités eux-mêmes – exclusivement des amis – sont à l’image de ce cosmopolitisme. Vincent Segal, moitié de Bumcello, violoncelliste de renommée internationale est le premier featuring instrumental du groupe ! On retrouve également le rappeur américain Oddateee avec lequel High Tone avait déjà collaboré, ainsi que Shanti D sur le single. Un titre déroutant pour qui n’aurait pas assimilé les quelques lignes écrites plus haut. Mais il en va ainsi avec ce groupe : tour à tour surprenant ou confortant, il ne délivrera jamais aucun message noir sur blanc.

Figures incontournables d’un certain underground européen, apôtres d’un do it yourself raisonné, engagés et pourtant souvent sans paroles, les High Tone ont su se façonner une place à part, patiemment, intelligemment, en restant en permanence connectés à leur public et à leurs racines, partant du dub pour construire leur propre univers, vaste et complexe, ouvert aux collaborations et toujours accessible.

Estampillé ethno-dub à leurs débuts, High Tone a fait évoluer la terminologie autant que les influences, devenant à son tour inspirateur, piochant dans le dubstep avant même que le terme n’existe et s’inscrivant pleinement dans ce que l’on nomme aujourd’hui la Bass Music, pour résumer les différentes filiations alliant drum&bass, dub, glitch hop et autres pistes aventureuses empruntées par les lyonnais, jamais immobiles et toujours ancrés dans le présent, toujours aux aguets, en recherche.

Ce statut de précurseurs (ils sont parmi les premiers à avoir amené le dub en formule concert) fait aujourd’hui du groupe lyonnais une valeur sûre de la scène underground européenne, porté par une réputation scénique inébranlable, acquise par de nombreuses tournées les menant du Canada à la Chine, la Pologne et l’Angleterre, passant des petits clubs aux énormes festivals. Jamais endormi, le groupe évolue au fil des disques et des rencontres, intégrant des influences hip hop, drum&bass, dubstep – tout en gardant évidemment la touche ethno qui a fait sa particularité depuis le début. Le son High Tone est mouvant mais instantanément reconnaissable : porté par l’expérimentation, l’innovation, où le psychédélisme et l’hypnotisme savent prendre une large place.