Erik West Millette

West Trainz

Le livre – disque double disponible le 12 mai

Informations : Simon Fauteux / Larissa Souline

Montréal, mai 2015 – La passion du musicien, auteur-compositeur et réalisateur Erik West Millette pour les trains remonte à sa plus tendre enfance, du temps où il accompagnait ses deux grands-pères, ouvriers de l’industrie ferroviaire, dans les locomotives et wagons. L’ambitieux livre-disque double West Trainz, disponible le 12 mai, est l’aboutissement d’une vingtaine d’années de voyages, de tournées et d’un rigoureux travail d’exploration et de recherche sonore, se voulant d’abord un hommage aux grands express transcontinentaux. Les musiques, composées au fil du temps et des voyages, ont jaillies des rails et des engins, en amalgamant composition instrumentale et musique concrète ferroviaire.

Accompagné du multi-instrumentiste Olaf Gundel, du trompettiste Charles Imbeault, des batteurs Alexis Martin et Tony Albino, en plus de Martine H Crispo au Ukulele et à l’échantillonage, Erik West Millette a pu compter sur la présence d’une panoplie de musiciens invités dont entre autre le grand Gianmaria Testa, Pierre Flynn, Willie West, Jordan Officer, Thomas Hellman, Freddy Koela, Bia, Marie-Jo Thério, Charles Papasoff, Bernard Falaise et Yves Desrosiers, pour ne nommer que ceux-là. Avec West Trainz, Erik West Millette  présente non seulement le projet de sa carrière… mais aussi le projet de sa vie.

Les montréalais seront à même de vivre l’expérience West Trainz alors que le déambulatoire parcourera le site du FIJM dès 17h tous les jours du 26 juin au 5 juillet.

Collaborateur et ami de longue date, Thomas Hellman signe avec sa prose habituelle la préface de West Trainz, et explique l’aventure…

« C’était ma première tournée avec Erik West Millette et nous avions présenté un spectacle dans une petite ville du Sud de la France. Le lendemain, je l’ai croisé dans la rue en sortant de l’hôtel et il m’a entrainé jusqu’à la gare, une de ces petites gares de province que les TGV traversent à toute vitesse sans s’arrêter. Nous avons bu nos cafés au bar, à l’écart, observant la scène dans ce doux état contemplatif qui vient parfois quand on voyage et qu’on se sent à la fois extérieur aux choses et plus présent. Le vieux bâtiment semblait contenir le murmure de milliers d’histoires, une pour chacun des visages qui entraient et sortaient des petits trains régionaux. Tout d’un coup, Erik s’est levé et a commencé à marcher le long des rails avec une petite machine enregistreuse, captant le bruit des moteurs, des wagons qui s’entrechoquaient, le brouhaha des voix, les annonces des hauts parleurs. Il prenait des photos : la locomotive, les bagages entassés, le train qui s’éloignait.

Plus tard, dans le wagon qui nous ramenait à Paris, il m’a raconté que son grand-père Leo West, cheminot pour le Canadian National, lui avait fait faire son baptême du rail quand il avait quatre ans. Erik avait hésité entre devenir musicien ou conducteur de train. Il avait choisi la musique, mais profitait de ses nombreux voyages pour explorer les chemins de fer partout autour du monde. Il composait de la musique inspirée de ses voyages : une pour le Transsibérien, une pour le transcanadien, une autre pour le California Zephyr… Et puis il y avait sa collection d’artefacts, des billets de trains, des menus de wagons restaurant, et des centaines de photos : un vieil homme croisé dans un wagon au Maroc, une petite fille dans la gare de Bucarest. Il y avait aussi ses sculptures-instruments-de-musique qu’il créait avec des pièces ramassées dans les anciennes gares de triage, sur les voies ferrées abandonnées. Erik m’a parlé de trains pendant tout le trajet de retour. Je le trouvais fascinant. Un peu fou aussi.

Par la suite, quand l’horaire de tournée le permettait, j’ai pris l’habitude de l’accompagner dans ses explorations. Parfois, il se réveillait en pleine nuit pour enregistrer la sirène d’une lointaine locomotive. Un jour, nous nous sommes arrêtés sur le bord de l’autoroute pour contempler un long train de marchandise qui glissait lentement sur la vaste ligne d’horizon des prairies canadiennes. Nous prenions la pleine mesure de ce vaste espace, du silence, tout semblait suspendu dans le lent mouvement du cheval de fer. J’ai compris qu’Erik ne s’intéressait pas à la machine en tant que telle, à la mécanique, ni même à l’histoire du chemin de fer (quoi qu’il peut en parler pendant des heures). Il ne s’intéresse pas au train, mais à ce qui reste quand le train a quitté la gare et que les rails vibrent encore de sa présence ; à ce qui reste quand les chemins de fers ont été abandonnés et sont devenus vestiges. Erik poursuit l’âme de l’univers ferroviaire. Son travail, comme toute véritable quête artistique, n’est jamais terminé, ne peut être achevé, car il tend vers quelque chose qui le dépasse, une vision qui donne son souffle à l’œuvre et qui reste inaccessible, comme le train suspendu sur la lointaine ligne de l’horizon. Erik a pris les commandes de la locomotive, et comme son grand-père Leo l’avait fait pour lui, il nous invite à bord, à la poursuite d’un rêve plus réel que le réel. »

Thomas Hellman

Source : L-A be