Badbadnotgood

IV

L’album disponible le 8 juillet

Informations : Simon Fauteux / Larissa Souline

Montréal, juin 2016 – Comme les comédies musicales ou la télévision scénarisée, le jazz et le hip-hop sont des formes artistiques indéniablement nord-américaines. Bien que le hip-hop soit né du funk et du disco vers la fin des années 70, plusieurs artistes phares du genre incarnent l’esprit du jazz : libre, viscéral, instinctif. Certains groupes hip-hop – A Tribe Called Quest, ou plus récemment Kendrick Lamar – ont su remanier le jazz avec succès, mais ce genre a rarement atteint les nouvelles générations d’amateurs de rap. C’est précisément ce détail qui fait de BADBADNOTGOOD un groupe si particulier. Le quatuor torontois a su créer un mélange de jazz et de hip-hop instrumental un style indescriptible et totalement unique.

Sur son nouveau disque, IV, dont la sortie est prévue pour le 8 juillet sur Innovative Leisure, BADBADNOTGOOD étend son univers qui était déjà l’un des plus intéressants et des plus intrigants du monde de la musique pop actuelle. Le saxophoniste Leland Whitty, collaborateur de longue date, se joint à Chester Hansen, Matthew Tavares, et Alexander Sowinski en tant que membre à part entière, et pour la première fois, plusieurs chanteurs invités figurent sur l’album. Alors que la collaboration est angoissante ou encombrante pour bien d’autres artistes, pour BADBADNOTGOOD ce n’est qu’une avenue de plus sur laquelle poursuivre leurs impulsions créatives.

Les effets de cette créativité sont immédiatement apparents sur
« Lavender », une collaboration avec le producteur montréalais Kaytranada, qui jumelle une production délicate et rapide à des basses écrasantes. Sur « Hyssop of Love », le rappeur de Chicago Mick Jenkins est à la fois langoureux, moqueur et franc. Ce n’est pas que l’album le plus exubérant et le plus dynamique de BADBADNOTGOOD  c’est tout simplement le meilleur. Souhaitant éviter que quiconque croie à tort que le groupe ne tient qu’à mélanger les genres, la chanson-titre est, à elle seule, suffisante pour s’assurer que même les plus distingués puristes du jazz sauront respecter la technique de BADBADNOTGOOD.

IV est une classe de maître sur l’ambiance. La Suite d’ouverture en trois parties (« And That, Too », « Speaking Gently » et « Times Moves Slow » – avec la participation de Samuel T. Herring) est une progression lente et subtile, comme si l’on avançait prudemment dans une vieille maison abandonnée. Bien que BADBADNOTGOOD explore différents tons sur les pièces suivantes, c’est cette impression – la recherche, l’intrigue de l’inconnu – qui est le thème dominant. « Chompy’s Paradise » est paisible et sereine, mais se termine sur une note incertaine, comme inachevée.

Comme bien d’autres grands artistes avant eux, le quartet BADBADNOTGOOD semble être bien au courant qu’il est plus important de poser des questions que d’apporter des réponses…

Source : Arts&Crafts