Arto Lindsay

Cuidado Madame

Le nouvel album disponible le 28 avril

Informations : Simon Fauteux

Montréal, avril 2017 – Voilà près de 25 ans maintenant qu’Arto Lindsay, dandy insaisissable de la scène alternative new-yorkaise, promène avec nonchalance, dans le paysage musical contemporain, sa dégaine déguingandée d’éternel étudiant à lunettes d’écaille. Cuidado Madame, disponible le 28 avril via Ponderosa est son premier album de nouveau matériel depuis 2004. Réalisé par Arto Lindsay et ses musiciens – Melvin Gibbs, Paul Wilson, Kassa Overall, Patrick Higgins, Ryu Takahashi et Thiago Nassif – on y retrouve un artiste en plein contrôle de son art où se mélange adroitement les textures, le bruit, la technologie, la mélodie, la poésie, la sensualité et l’intellect de cet artiste hors-norme. Le titre de l’album vient d’un obscur film de 1970 du réalisateur Julio Bressane à propos d’une femme de ménage qui tue brutalement – mais avec joie – ses maitresses les unes après les autres. Cuidado Madame se traduit par… Attention Madame…

Toujours aux avant-postes, sans avoir l’air d’y toucher – à l’affût de l’air du temps, non pour s’y soumettre mais pour s’emparer de sons, de formes, de rythmes nouveaux, et les cloner, détourner, recycler, intégrer/désintégrer à son univers hybride, à la fois monstrueusement séduisant et hyper sophistiqué, Arto Lindsay crée une musique à son image : fragile et radicale, révoltée et précieuse, irréductible et parfaitement insituable.

C’est à la fin des années 70 qu’on l’a vu débarquer, guitariste bruitiste au sein du groupe DNA (avec Robin Crutchfield et Ikue Mori), formation mythique, emblématique de la No Wave newyorkaise, mouvement aussi décisif qu’éphémère. Créateur dans la foulée, en compagnie de John Lurie, des Lounge Lizzards, petite formation post-jazz ludique et ironique, Lindsay innove surtout en mettant sur pied en compagnie de Peter Scherer les Ambitious Lovers, qui en trois disques allaient marquer les années 80 en inventant une musique improbable mêlant structures pop, harmonies brésiliennes, dance music et expérimentations propres à la scène noise rock du Lower East Side. Alternant dès lors production (pour Gal Costa, Caetano Veloso, David Byrne), et apparition sur des disques d’amis (John Zorn, Laurie Anderson) Lindsay se lance au milieu des années 90 dans une carrière solo fortement influencée par le Brésil. En une demi-douzaine d’albums (dont les incontournables Subtle Body et Mundo Civilizado) le guitariste et chanteur, allait poser les bases d’un monde qui n’appartient qu’à lui, dérivant en toute liberté entre chansons pop subtilement décalées, bossa minimalistes électro lounge expérimental, rock bruitiste et post jazz…

Source : Ponderosa