Arthur H

Amour chien fou

Disponible le 26 janvier


Informations : Simon Fauteux / Patricia Clavel

Montréal, janvier 2018 – Arthur H est un acrobate. Il sait allier la poésie la plus exigeante à l’énergie du rock et à la jubilation de la pop. Ça demande beaucoup d’élégance, beaucoup d’application, beaucoup d’intuition. Arthur aime prendre des risques. Il y prend un malin plaisir. Il recherche ce qui n’a pas encore été domestiqué en nous. C’est sans doute pour cette raison qu’il est parti avec Léonore Mercier, sa compagne, voir de plus près ce qui leur était étranger.

Ils se sont dit faisons l’expérience de nos rêves. Partons au bout du monde. Mexico, Tokyo, Bali et Paris en sont les étapes. Et ces bouts du monde paillettent Amour chien fou, lui donnent son audace et son âme, son rythme et sa musique. Arthur et Léonore sont des arpenteurs de rêves. Il a rêvé de Lily Dale, il a rêvé de la dame du lac et de Merlin, il a rêvé de retrouver Lhasa, la si tragique fée de Montréal, il a rêvé de perdre son identité dans un baiser, comme dans le gouailleur et tendre Tokyo Kiss. Elle, créatrice et modeleuse de sons, artiste contemporaine, a écrit pour la première fois deux chansons, a parsemé le disque de surprises sonores et vocales, a réalisé le clip poétique et sensitif de La Boxeuse Amoureuse avec comme invités flamboyants la danseuse étoile Anne Marie Gillot et le danseur étoile catégorie amateur de luxe Roschdy Zem. De plus, Arthur H a retrouvé son compagnon de toujours Nicolas Repac, co-réalisateur, qui a amené avec lui sa cargaison de samples fantastiques et fantomatiques ainsi que ses guitares envoûtantes de griot blanc.

Si cet album est double c’est parce que Arthur H sait que nous sommes mélancolie et joie, chagrin et liesse. Je pense à toi, chante-t-il dans Lily Dale Symphonie, et ça me rend triste et joyeux. Voici Lily Dale de retour. Qui ne partirait pas pour elle jusqu’en Californie, au pays des oranges, des diamants et de la Terre qui tremble ? Cet album est double parce que nous sommes celle ou celui qui aime danser pieds nus sur la moquette, et puis nous sommes aussi celle ou celui qui regarde le ciel en écoutant des chansons qui font toujours frissonner et pleurer. Cet album est double parce que nous sommes « chien fou » et « loup doux » à la fois.

Mais surtout Amour chien fou est un disque d’amour, c’est écrit dessus, vous n’aviez pas loupé l’information, n’est-ce pas ? Ecoutez comme Arthur H parle merveilleusement des gens qu’il aime. Et il sait aimer les femmes, les amis, les frères, les sœurs, les vaincus, et les fantômes, il pleure avec nous parce que continuer de vivre c’est voir mourir les siens, il pleure et il chante, et il ne cesse de nous faire danser. Arthur H est un homme amoureux. C’est un artiste qui sait la nécessité d’être toujours amoureux. Les femmes, qu’elles soient fées ou sorcières, boxeuses ou reines de cœur, habitent ses mots et sa musique depuis toujours.

Il faudrait écouter les albums d’Arthur H dans l’ordre qu’il leur a choisi : parce que ce sont des histoires qui se déploient. On ne lit pas un bon livre en picorant les chapitres. Ou en les lisant dans le désordre. Non.

Ecoutez bien, et réécoutez L’Amour chien fou, il y a ici une ironie et des muses gainsbouriennes, et aussi des allusions et des hommages : j’entends l’orage de Riders on the Storm des Doors au début de La Dame du Lac, l’entendez-vous ? Je pourrais presque imaginer Arthur avec son petit chapeau noir en train de lire l’amour monstre de Pauwels dans un pub du cœur de Londres, ou alors je me le figure en William Blake au fond de son canoë dans le Dead Man de Jarmusch. Cet homme-là rêve et, généreusement, il nous convie, là, dans cet endroit secret où il fabrique ses rêves.

L’auteur d’un album comme celui-ci est une personne qui se dévoile, se met à nu, puis se masque et s’échappe. Inventer et se mêler à chacune de nos inventions, entremêler les légendes et les nuances ardemment personnelles, n’est-ce pas là tout l’art de la fiction ? Écoutez-le comme il vous parle de lui et comme il nous parle de nous.

Le disque a été imaginé pendant et entre les escales d’un tour du monde et puis, avant d’être mixé et masterisé à Montréal, cette ville du Grand Large, où monsieur H retrouve son souffle, il a été conçu et enregistré avec ses complices au cœur de Paris, au cœur brûlant de l’été 2017, à la Maison de la Poésie, ce lieu où les arts se croisent et s’inventent, où les écrivains, les poètes, les chanteurs, les musiciens, se rencontrent et forment une belle communauté d’allumés. Tout le capharnaüm d’instruments installé sur la scène, Arthur, Nicolas et les musiciens ont joué devant une salle vide, devant un public invisible…

Tomber ce n’est rien, nous dit Arthur H, puisqu’on se relève.

Peut-être que Amour chien fou pourrait être dédié aux garçons imprudents et aux guerrières, ces merveilleuses « boxeuses amoureuses ». – Par Véronique Ovaldé

Source : AllPoints / Believe Distribution Services