Alejandra Ribera

La boca

L’album disponible le 4 février

« J’ai lu quelque part que la période de gestation d’un éléphant africain est de 645 jours. C’est approximativement le temps que ça m’a pris pour faire La boca. »

Montréal, janvier 2014 – Au cœur d’une industrie qui semble de plus en plus contaminée par le désir de gratification instantanée, il est rare de trouver une artiste prête à travailler sur son album pendant une année entière avant de le déclarer fini. Et il est plus rare encore d’en trouver une prête à laisser le produit fini en plan pendant une année de plus, le temps d’affiner la direction artistique de l’ensemble. C’est pourtant ce qu’a fait Alejandra Ribera avec son très attendu deuxième disque, La boca, disponible le 4 février. Alejandra sera en spectacle à Montréal le 6 mars à Montréal au Lion d’Or ainsi qu’au Petit Champlain de Québec le 4 avril.

Somptueusement texturé, multilingue, La Boca est un album qui reflète les racines de l’artiste et le chemin qu’elle a dû prendre afin de concrétiser son œuvre. Si vous lui demandez de décrire son disque, Alejandra Ribera – qui cite parmi ses plus grandes influences Rufus Wainwright et Chavela Vargas – vous dira aussi que chacune de ses chansons parle, au fond, « du courage qu’il faut avoir pour suivre son instinct et des endroits merveilleux et étranges auxquels ce procédé peut nous entraîner ». Elle-même se promet de toujours suivre son cœur qui l’a menée si loin. Voyez jusqu’où…

Après le succès de son premier opus autoproduit, Navigator, Navigather (2009), Alejandra Ribera a participé à de prestigieux festivals de folk, de jazz et de musique du monde à travers le Canada, dont le Festival international de jazz de Montréal et le festival Luminato de Toronto. La rumeur était des plus favorables à son égard et la critique, excellente, mais, alors que beaucoup de musiciens auraient senti la pression d’entrer en studio afin d’enregistrer du nouveau matériel au plus vite, Alejandra a décidé de quitter le pays. « Je n’étais pas prête à enregistrer mes nouvelles chansons, explique-t-elle. Je suis alors partie en Espagne pour mettre de l’ordre dans mes idées. » C’est là qu’elle a composé trois chansons. En espagnol. C’est également là qu’elle a pris la décision majeure de faire appel, pour son nouveau disque, au producteur montréalais Jean Massicotte (Pierre Lapointe, Patrick Watson). « J’avais besoin de travailler avec quelqu’un en qui j’aurais une confiance absolue et j’étais convaincue que Jean était cette personne, dit-elle. J’ai attendu trois ans avant qu’il ne soit disponible. Le jour où nous nous sommes rencontrés, j’ai su que j’avais fait le bon choix. » Si bon que, deux semaines après, la musicienne déménageait à Montréal.

La décision de rentrer dans la métropole a porté chance à Alejandra et donné lieu à une multitude d’événements marquants. Peu après son arrivée, elle a par exemple été invitée à se produire dans le cadre du spectacle hommage dédié à la regrettée Lhasa de Sela, au Théâtre Rialto. Des invités de marque, comme Ariane Moffatt et Bïa, faisaient partie de la distribution. Puis, il y a eu une série de concerts au Printemps de Bourges avec Patrick Watson et les Barr Brothers, une collaboration avec l’estimé musicien et réalisateur Yves Desrosiers et une autre avec Arthur H. C’est d’ailleurs à l’iconoclaste auteur-compositeur-interprète français qu’Alejandra s’est alliée pour le seul duo que l’on trouve sur La Boca, à savoir Un cygne la nuit. Une chanson adaptée en français par nul autre que Jim Corcoran qui a par ailleurs qualifié Alejandra de « sereinement sensuelle, poétique, espiègle et profonde ».

Nul doute, avec sa signature sonore, aussi caractéristique qu’elle est indéfinissable, l’artiste a su non seulement retenir l’attention de ses pairs, mais aussi les faire complètement craquer. La preuve : elle a notamment été invitée à chanter I Am Cuba sur l’album She Comes Into the Room des Skydiggers et a partagé la scène avec la reine du blues Jackie Richardson et Steven Page, anciennement des Barenaked Ladies.